Haut-Karabagh: comprendre le conflit arméno-azerbaïdjanais

Le 27 septembre 2020, des combats éclatent entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabagh (également appelé Artsakh), un état non reconnu internationalement, depuis son indépendance unilatérale de l’Azerbaïdjan en 1991.

Le conflit découle de la période de tutelle de l’URSS sur l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

En 1921, suite à l’envahissement du Caucase par l’armée soviétique, un comité de Bolcheviks se forme pour découper la région en républiques et régions autonomes. Le Karabagh est alors annexé à l’Arménie. Cela provoque des protestations de la part des dirigeants azerbaïdjanais et dégrade les relations entre la Russie et l’Arménie. Le Comité revient alors sur sa décision et attribue le Karabagh à l’Azerbaïdjan, ainsi que la région autonome du Haut-Karabagh composée à 94% d’arméniens. En 1991, la région autonome du Haut-Karabagh proclame son indépendance et forme le Haut-Karabagh. Depuis, le territoire est disputé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les conflits autour du Haut-Karabagh n’ont donc jamais vraiment cessé.

En juillet 2020, des tensions se font à nouveau ressentir entre les deux pays et le 27 septembre, les combats éclatent. Nikol Pachinian, le premier ministre d’Arménie, décrète la mobilisation générale et établit la loi martiale. Les combats se concentrent à Stepanakert, la capitale du Haut-Karabagh.

La communauté internationale appelle les deux pays à faire taire les armes, le président de l’ONU, Antonio Guerres a réclamé une fin immédiate des hostilités. Les trois pays impliqués dans la médiation du conflit (la France, les Etats-Unis et la Russie) ont également réclamé un cessez-le feu, sans succès. L’inquiétude se porte également sur l’envoi supposé de combattants pro-Turcs  pour soutenir les soldats azerbaïdjanais. Le président français Emmanuel Macron a affirmé que 300 combattants « djihadistes » syriens auraient été déployés pour rejoindre l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie. La Turquie et l’Azerbaïdjan sont des alliés de longue date et le président turc Recep Tayyip Erdogan, contrairement aux dirigeants concernés par le conflit, estime qu’un cessez-le-feu ne peut être atteint que par le retrait des forces arméniennes.

En dépit des démentis de Bakou (capitale de l’Azerbaïdjan), l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) recense au 1er octobre, la mort d’au moins 28 combattants pro-Ankara dans le Haut-Karabagh. Ces combattants faisaient partie des 850 envoyés par la Turquie pour prêter main forte aux Azerbaïdjanais.

Dans un entretien pour le Figaro, Nikol Pachinian déclare :« Ankara a fourni à Bakou des véhicules militaires, des armes, ainsi que des conseillers militaires. Nous savons que la Turquie a formé et transporté des milliers de mercenaires et de terroristes depuis les zones occupées par les Turcs dans le nord de la Syrie ».

Finalement, le 10 octobre après plus de dix heures de négociations à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères s’est accordé sur un cessez-le-feu avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais. Pourtant, quelques heures après cet accord, de nouveaux bombardements ont éclaté entre les deux pays.

Un règlement pacifique du conflit semble donc inatteignable, la discorde arméno-azerbaïdjanaise ne sera pas résolue de sitôt.

Soyons critiques, soyons citoyens !

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