Élections au Brésil : La démocratie des bottes

Le dimanche 7 octobre se déroulait le premier tour des élections fédérales brésiliennes. Les résultats sont sans appel : c’est le triomphe de l’extrême droite. Jair Bolsonaro, son représentant, récolte en effet plus de 46 % des voix avec le Partido Social Liberal (PSL). Ce parti originellement centriste a connu un profond revirement à la suite de la venue du « Trump Brésilien ». Qui est cet homme et comment expliquer un résultat « inexplicable » ?

Jair Bolsonaro ou la nostalgie de la dictature

Cet ancien capitaine d’artillerie s’est lancé en politique en 1986, soit un an après la chute de la dictature militaire brésilienne. Pour rappel, cette dernière fut mise en place à la suite du coup d’état du 31 mars 1964 alors mené par le maréchal Castelo Branco. Il fut élu pour la première fois en 1990 lors des élections fédérales sous la bannière du Parti Démocrate-Chrétien. Jusqu’à aujourd’hui, il fut continuellement réélu avec pas moins de cinq partis différents. Cet amateur du politiquement – très – incorrecte sort véritablement du placard en 2018 lorsqu’il parvient à prendre la tête des sondages. Cette opportunité, il l’a saisie principalement grâce à l’emprisonnement pour corruption de Lula da Silva, ancien président de la République brésilienne de 2003 à 2011.

Le dégagisme d’un Brésil embourbé dans la fange de la corruption et de l’insécurité

À la suite de l’inéligibilité de Lula da Silva, c’est Fernando Haddad qui reprend les rênes du Parti des Travailleurs (PT) en vue des élections de 2018.  Ce dernier atteint tout de même le second tour avec 29% mais peine à redorer l’image d’un parti miné par de nombreux scandales de fraudes et de corruptions. La dernière affaire en date rompt définitivement le lien avec la population brésilienne. Elle concerne une autre figure du PT : Dilma Roussef. Elue Présidente de la République fédérative du Brésil en 2011, elle fut destituée en 2016 à mi-mandat pour maquillage des comptes publiques.

Le changement par « Bolsomito »

Prénommé « Bolso le mythe » par ses plus fervents militants, Jair Bolsonaro représente une révolution aux allures autoritaires. Ses promesses de campagne principales sont les suivantes : plus grande liberté du port d’armes, réduction de la dette à coups de privatisations, lutte contre la corruption. Celles-ci s’entourent de multiples sorties saillantes, agressives et vulgaires rendant l’homme d’autant plus infréquentable. Jouant sur la corde de la polémique, Bolsonaro surfe sur une vague populiste en vogue dans un Brésil fatigué de sa classe politique et souffrant d’une économie en déclin. Homophobie, xénophobie et misogynie sont donc de la partie avec ce sexagénaire n’hésitant pas à déclarer en 2003 et en 2014 à une collègue députée : « Je ne vous violerai pas car vous ne le méritez pas. Vous êtes très laide ». Attirant par-là, les foudres d’une partie de la population et l’adoration des autres. Il subira d’ailleurs un coup de couteau lors d’un meeting qui, sans nul doute, lui permit involontairement d’augmenter sa côte de popularité.

Un second tour dans le flou

Le 28 octobre 2018, le Brésil aura l’occasion d’élire son nouveau président et le résultat pourrait radicalement changer la politique brésilienne. Les brésiliens ont désormais les cartes en mains pour décider de leur destin. Qui entre le socialiste progressiste Fernando Haddad ou le nationaliste populiste Jair Bolsonaro remportera la main ? Malgré des prévisions largement défavorables pour le candidat du Parti des Travailleurs, n’oublions pas que la politique est le théâtre de l’imprévu. Wait and See !

Soyons critiques, soyons citoyens

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