#MeToo

Depuis les accusations d’abus sexuels visant le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, les #MeToo débordent sur les réseaux sociaux. Tous l’utilisent pour partager leurs histoires personnelles ou simplement par solidarité avec les victimes. Mais ce mouvement n’est-il pas juste une mode, vouée à disparaitre dès qu’une nouvelle tendance fera son apparition ? Cela s’est déjà produit dans le passé, car le #MeToo a été lancé pour la première fois il y a dix ans par l’activiste Tarana Burke. Il est ensuite tombé dans l’oubli jusqu’a ce que l’actrice Alyssa Milano lance le tweet #MeToo à l’aube de l’affaire Weinstein, désirant dénoncer l’ampleur prise par les agressions sexuelles dans notre société. 

L’inspirante origine du mouvement

Tout a commencé à l’époque où Tarana Burke travaillait en tant que directrice d’un mouvement de jeunesse aux Etats-Unis. Une jeune fille l’a approchée en privé pour lui confier avoir été victime d’abus sexuels. Cela a laissé Tarana sans voix, elle qui, ancienne victime d’abus, n’a pu trouver immédiatement la force  de lui dire “MeToo”. Ce n’est qu’en 2007 que Tarana décide de créer une organisation à but non lucratif – “Just Be Inc.” – qui, au départ, avait pour but d’aider et de soutenir les jeunes filles d’origine défavorisée victimes d’abus sexuels. Le mouvement fut rebaptisé plus tard “Me Too”, cette expression audacieuse visant à affirmer l’idée que “je n’ai pas honte” mais surtout, que “je ne suis pas seule”. Si le mouvement ne visait que les jeunes filles au départ, on a bien vite réalisé qu’il était utile et nécessaire pour les adultes aussi. 

Un objectif de conscientisation

Le véritable pouvoir du “#MeToo”, c’est qu’il permet de transformer un tabou que les victimes, tant hommes que femmes, n’osaient évoquer, en un véritable mouvement libératoire. Contrairement à beaucoup d’autres élans activistes, ce hashtag n’incite pas directement à un véritable passage à l’action : c’est d’abord une tentative de faire comprendre au plus grand nombre l’omniprésence d’agressions et d’abus sexuels dans la société.

Quel avenir pour le mouvement ?

Aujourd’hui, le challenge est de voir comment ce mouvement peut évoluer au-delà du simple buzz éphémère. Selon la créatrice du mouvement, il est important que les cas de violence sexuelle puissent être approchés comme de véritables problèmes de justice sociale. Si l’ampleur du hashtag a été bénéfique pour la cause, Tarana craint que, bien que la révélation de la qualité de victimes de violence sexuelle sur les médias de masse soit déjà une étape majeure, cela ne laisse pas l’espace nécessaire au véritable processus de rétablissement. Il faudrait maintenant penser à une manière de pouvoir continuer à faire parler les victimes en dehors des médias sociaux :  même si les #MeToo continuent à défiler, ils pourraient s’effacer très vite devant d’autres nouvelles tendances.

Soyons critiques, soyons citoyens !

(article initialement publié le 08/02/18)

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